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Corée : La KCC : régulateur tout puissant des télécoms et de l’audiovisuel

En février 2008, une des premières mesures du président de la République LEE Myung-bak fut de fusionner le ministère de l’information et de la communication (MIC) et la commission audiovisuelle coréenne (KBC) pour créer la KCC, commission coréenne des communications. Cette fusion s’explique par la volonté d’en finir avec l’inertie due aux conflits entre les différents organes de régulation, mais aussi par une volonté forte d’accélérer la convergence des plateformes, des services et des terminaux de télécommunications et audiovisuels.

Cette nouvelle autorité de régulation dont le président a été nommé par le président de la république, s’est vue confier de nombreuses missions : du respect de la concurrence au développement technologique et commercial et à la convergence des services de télécommunications et medias. La KCC assure également la promotion à l’étranger des technologies locales : Wibro (Wimax coréen) et  DMB (télévision mobile), et plus largement la compétitivité du pays dans le secteur des télécommunications et des médias.

Une des décisions les plus marquantes de la commission fut de mettre fin, en avril 2009, à l’obligation pour les fabricants de téléphones portables d’embarquer le WIPI sur les terminaux destinés au marché local permettant à terme une concurrence accrue. Le WIPI (Wireless Internet Platform for Interoperability), plateforme logicielle servant d’environnement pour les programmes et applications sur mobiles, limitait en effet l’accès au marché pour les fabricants étrangers.

Parmi les grands dossiers d’actualité de la KCC, on trouve le développement commercial de l’IPTV, la recherche d’un modèle économique rentable pour la télévision mobile, la dérégulation du secteur des médias par l’ouverture des entreprises audiovisuelles aux capitaux étrangers, la promotion des offres triple-play et quadruple-play (téléphonie fixe et mobile-Internet-TV), l’introduction de MVNO, le développement du Wibro, ou encore la couverture du pays en Internet très haut-débit (1 Gbps).

Copyright : Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse de la Mission Economique (adresser les demandes à remy.pascal@dgtpe.fr)

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Le prix des communications mobiles fait débat en Corée

Dans un récent rapport de l’OCDE qui compare les prix de la téléphonie mobile dans 30 pays en août 2008 pour différents paniers d’usages des utilisateurs (faible, moyen ou important), la Corée se distingue par des prix au dessus de la moyenne. L’étude montre par exemple que la facture annuelle des usagers moyens des pays membres s’élève à 336 USD, alors que les Coréens déboursent eux 343 USD.

Certes la Corée n’est pas classé de la même façon selon les différents profils d’usagers, et se positionne par exemple avantageusement sur le prix des messages textes (SMS), mais la tendance générale de prix élevés est confirmée par une étude de l’agence coréenne pour la consommation (KCA), qui compare les tarifs locaux à ceux pratiqués dans 15 pays (de l’OCDE, plus Hong-Kong et Singapour). Celle-ci place l’opérateur leader SK, qui détient plus de la moitié du marché en Corée, parmi les 3 opérateurs les plus chers du panel.

Or les Coréens dépensent 7% de leurs revenus dans les services de télécommunications, autrement dit 3 fois plus que la moyenne des habitants de l’OCDE. Et même si lors de sa campagne présidentielle en 2007, le président LEE Myung-Bak avait promis une baisse de 20% du prix des communications mobiles, celle-ci n’a pas eu lieu. Cet été, les médias et les autorités coréennes ont donc relancé le débat et accentué la pression sur les opérateurs SK Telecom, Korea Telecom, et LG Telecom. Ainsi, le régulateur des télécoms (KCC), veut promouvoir l’entrée de nouveaux acteurs, MVNO en particulier, pour renforcer la concurrence.

Si les opérateurs ne s’opposent pas au principe de diminution des prix, ils rejettent l’idée d’une réduction de leur marge opérationnelle, pourtant estimée par les analystes à 12% en 2008. En effet, ils mettent en avant les lourds investissements en infrastructures nécessaires pour maintenir l’avance de la Corée en termes de réseaux mobiles.

Le régulateur les invite donc à réduire leurs dépenses marketing qui représentent 40% de leurs coûts au deuxième trimestre 2009, alors que leurs homologues dans d’autres pays se limitent à 20%. Cette solution a ses limites. En effet, la diminution des budgets marketing est synonyme d’une réduction de la subvention opérateur sur les terminaux, autrement dit de l’augmentation du prix à l’achat des appareils pour le consommateur. Cette dernière option ne serait donc pas sans effet sur la fréquence de renouvellement des appareils. C’est donc toute l’industrie du mobile, dont les fabricants de terminaux Samsung et LG, qui est concernée par ce débat.

Finalement, une solution commerciale partielle émerge avec la multiplication d’offres quadruple-play internet-TV-téléphonie fixe-téléphonie mobile permettant d’accéder aux différents services à prix préférentiel.

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