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La filière air en Corée

Au nom de l’impératif de croissance, les questions environnementales ont longtemps été éclipsées en Corée. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), avec un total de 489 Mt en 2007, la Corée était le 9ème émetteur de gaz carbonique par combustion fossile au monde, et le 6ème au sein de l’OCDE, alors qu’elle n’est que la 13ème économie. Entre 1990 et 2007, ces émissions ont progressé de 113%, la plus forte progression des pays de l’OCDE. La Corée fait également partie des plus gros émetteurs de CO2 relativement à sa production avec 0,69 kg/USD de PIB (0,25kg/USD pour la France). Des niveaux élevés d’oxydes d’azote, d’oxydes de soufre et de particules sont par ailleurs observés dans l’air.

La forte urbanisation (90%), la part importante des énergies fossiles dans la consommation énergétique et la croissance rapide du parc industriel et automobile en sont largement responsables. Le trafic routier est ainsi tenu pour responsable de 33% des pollutions atmosphériques. La production énergétique (16%) et l‘industrie (15%) constituent les principales autres sources.

Les autorités ont aujourd’hui pris conscience du problème. Avant le sommet de Copenhague, la Corée a annoncé son objectif de réduire de 30% d’ici à 2020 ses émissions de GES par rapport au niveau de 1990, ou 4 % par rapport à 2005. Pour y parvenir et pour développer de nouvelles industries, le gouvernement soutient diverses initiatives. Dans les transports, l’accent est mis sur la recherche pour améliorer l’efficacité énergétique des véhicules essence et diesel et développer les véhicules électriques et hybrides. En parallèle, le plafond d’émissions autorisées par véhicule sera abaissé à 140 gr/km d’ici 2015. Le pays affiche également de grandes ambitions dans le développement des énergies renouvelables, éoliennes et solaires en particulier, afin de réduire à la fois ses émissions de GES et sa dépendance énergétique. L’objectif annoncé est de couvrir grâce aux EnR 11% de la demande énergétique en 2030 contre moins de 3% aujourd’hui. La Corée compte par ailleurs beaucoup sur l’installation de 8 nouvelles centrales nucléaires dans les 10 prochaines années. Parmi les autres initiatives on peut également citer le programme de R&D sur les technologies de Captage et Stockage du Carbone ou la mise en place d’un marché de permis d’émission de GES.

En 2007, le marché domestique du contrôle de la pollution de l’air était estimé à 3,3 Mds USD (16% du secteur environnement). En 2009, la Corée a par exemple importé pour 77 M USD d’analyseurs de gaz et de fumées dont 2 M USD depuis la France. Plus largement, toute les grandes industries (automobile, construction navale, nouvelles technologies, etc) cherchent à réduire les pollutions liées à leur activité et s’intéressent aux dispositifs et équipements alternatifs de production ou de recyclage.

Copyright : Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse de la Mission Economique (adresser les demandes à remy.pascal@dgtpe.fr)

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La Corée devient un acteur majeur dans la production de cellules photovoltaïques

La situation énergétique de la Corée se caractérise par sa pauvreté en énergies fossiles avec plus de 96% des énergies primaires importées en 2007. Il s’agit principalement du pétrole (46%), du charbon (24%) et du GNL (14%). Si les énergies renouvelables représentent moins de 2% de la consommation coréenne d’énergie électrique, leur utilisation a progressé de 50% entre le premier semestre 2008 et le premier semestre 2009. Parmi ces énergies, la production photovoltaïque (PV) présente l’un des plus forts potentiels. Selon les derniers chiffres de l’association européenne pour l’industrie PV, en 2008, avec 274 MW, la Corée s’est classé en 4ème position du classement des pays membres de l’IEA pour les nouvelles installations PV, derrière l’Espagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. La capacité de production installée cumulée a atteint 351 MW à la fin de l’année.

Cette progression rapide des installations est due en partie à l’ambitieux plan 100 000 toits équipés à l’horizon 2012, et son programme très incitatif  de subventions en faveur des particuliers et des établissements publics. Le potentiel de croissance des installations PV demeure cependant très important. D’ici 2012, la Corée devrait produire 1,3 GW d’électricité d’origine solaire, puis 2,7 GW en 2013 selon l’institut de recherche coréen Display Bank.

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Si la demande en installations PV augmente rapidement, l’offre coréenne est également en plein boom. Ainsi, les installations PV coréennes utilisent de plus en plus de modules, mais aussi de cellules solaires produites en Corée. Selon les chiffres du ministère de l’économie, les cellules fabriquées localement comptent à présent pour 30% des cellules utilisées dans les installations locales, soit 50% de plus qu’en 2008. Cette évolution se fait au détriment des importations d’origine japonaise (Sharp, Kyocera). En effet, même s’ils ne se sont pas lancés les premiers dans l’aventure du PV, les chaebols Samsung, LG et Hyundai rattrapent rapidement leur retard grâce à des armées de chercheurs et de grandes ressources financières qui leur permettent d’ouvrir de nouvelles lignes de production à un rythme élevé. Après avoir triplé entre 2007 et 2008, la capacité de production de cellules des fabricants coréens continue d’augmenter rapidement en 2009 et cette dynamique rappelle la course aux équipements dans l’industrie des semi-conducteurs il y a quelques années.

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De plus, les industriels collaborent étroitement avec les universités et instituts de recherche du pays : Korean Institute of Energy Research (KIER), Korea Electronics Technology Institute (KETI), Korea Institute of Science and Technology (KIST), Korea Research Institute of Chemical Technology (KRICT), Electronics and Telecommunications Research Institute (ETRI) ou encore Korea Electric Power Research Institute (KEPRI) pour introduire régulièrement des procédés innovants. Enfin, on peut noter qu’en janvier 2008, l’entreprise coréenne Jusung Engineering a signé un accord de collaboration avec le Commissariat à l’Énergie Atomique français (CEA) portant sur le développement de cellules solaires silicium à haut rendement.

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